Légendes et histoire
Avec plus de 5000 ans d'histoire, les légendes et autres histoires autour du thé sont nombreuses. Elles varient selon les pays, de la Chine au Japon en passant par l'Inde et sont intimement liées aux cultures religieuses, bouddhistes par exemple, ou aux grands personnages de l'époque.
Pour les Chinois, la découverte du thé reviendrait à l'Empereur Shen Nung (2737 avant JC), père de l'agriculture. Il imposa à son peuple de consommer l'eau bouillie par mesure d'hygiène. Au cours d'une sieste au pied d'un arbre, quelques feuilles de l'arbre tombèrent dans l'eau frémissante. Cette boisson douce et subtile plût à l'Empereur qui ordonna de cultiver cette plante à travers le pays.
Passée la Mer de Chine vers le Japon, ou les montagnes de l'Himalaya vers l'Inde, et c'est la culture bouddhiste qui influence la légende. Le Prince Bodhi Dharma partant pour prêcher le Bouddhisme en Chine, aurait fait le serment de ne pas dormir pendant les sept années de son périple. Il n'aurait pu tenir sa parole que grâce aux feuilles de théiers qu'il mâchait à longueur de journée. A moins qu'il ne se soit endormi et que, de colère, il ait coupé ses paupières, les jetant au sol... où un théier prit racine.
Si le thé était, à sa création, quelques feuilles fraîches dans une eau bouillante, il fut vite consommé différemment. Sous la dynastie des Tang, on consommait des briques de thé. Ecrasées, les feuilles étaient séchées à la chaleur d'un foyer, puis compressées dans des moules de bambous. Facilement transportable pour les caravanes à dos de chameau ou de yacks, on le consommait en effritant la brique dans l'eau. C'est à cette époque que Lu Yu écrivit son célèbre "Classique du Thé", l'entourant alors d'un rituel précis.
Puis vint la dynastie des Song. L'Empereur Hui Tsung (1101-1124) développa la consommation du thé en fine poudre verte, les feuilles étant passées sous une meule pour être réduite. On battait alors le thé dans l'eau en "mousse de Jade". C'est encore aujourd'hui le mode de consommation le plus répandu au Japon avec le célèbre thé Matcha, érigé en véritable philosophie par le moine Sen No Rikyû et intervenant dans la Cérémonie du "Cha No Yu".
La dynastie Ming en 1368 voit le thé se consommer en infusion, méthode découverte par les occidentaux quelques trois siècles plus tard à la fin du XVIe siècle et introduite en Europe – vraisemblablement par les missionnaires jésuites – au XVIIe.
Les Hollandais firent les premiers négoces de thé à travers la "Compagnie des Indes hollandaises". Ils l'échangeaient alors contre de la sauge et de la bourrache, faisant prévaloir les vertus thérapeutiques de ces plantes "européennes" en Chine et au Japon.
C'est à la fin des années 1660 que l'Angleterre s'approvisionna directement grâce à la "Compagnie des Indes orientales". Le thé voyageait des plantations jusqu'à Canton à dos d'homme, passant les montagnes, mais traversait également le pays par voie fluviale sur des "bateaux à thé". Les cargaisons étaient chargées sur les bateaux occidentaux, livrant le thé en Europe et en Amérique.
Le premier bateau parvenu à bon port fixait le cours du thé. Il fallait donc parvenir au plus vite à destination. Au XIXe siècle, les clippers, grands voiliers particulièrement rapides, furent affrétés pour le commerce du Thé. La "course du thé" était née...



