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Sauge

La Sauge, une plante que Pagès utilise dans ses créations pour ses propriétés bénéfiques.

« Qui a de la Sauge dans son jardin n’a pas besoin de médecin. ». Ce célèbre dicton en dit long sur les bienfaits légendaires de la Sauge.

 

ORIGINES DE LA SAUGE

La Sauge est connue depuis l’Antiquité. Son nom latin « salvia » signifiant « plante qui sauve » atteste de la réputation des bienfaits de la Sauge. Chez les Gaulois, comme chez tous les peuples anciens, cette plante était considérée comme une merveilleuse, capable de guérir toutes les maladies. On dit que les druides l’utilisaient contre les fièvres, la toux, les rhumatismes, la paralysie et l’épilepsie mais aussi pour favoriser la conception et l’accouchement. Les druides la jugeaient si efficace qu’ils lui attribuaient jusqu’au pouvoir de ressusciter les morts et ne manquaient pas d’en ajouter à l’hydromel et à la cervoise, afin de se mettre en condition prophétique et pour, selon la légende, renforcer leurs incantations.

Au Moyen-Âge, la célèbre école de Salerne consacra cette plante en s’exclamant dans l’un de ses ouvrages : « Homme pourquoi meurs-tu, lorsqu’en ton jardin pousse la Sauge ? »

Au 16e siècle, le botaniste Jacob Tabernae-Montanus affirme qu’en Egypte, les femmes avaient pour habitude de boire du jus de Sauge pour accroître leur fertilité et régulariser leurs cycles menstruels.

Selon les peuples, la Sauge était utilisée à différentes fins : les Grecs l’employaient pour ses propriétés digestives et antiseptiques, les Romains s’en servaient pour guérir des morsures de serpent, les Arabes appréciaient ses vertus toniques et consommaient la Sauge pour rester en forme.

La Sauge a fait partie des plantes recommandées dans les jardins royaux par Charlemagne. Réelle herbe royale, elle s’est répandue très vite dans tout l’Europe du nord et de l’est grâce aux Bénédictins qui la cultivaient dans les jardins des monastères. On dit que les Chinois, ayant eu échos des miracles de la Sauge, proposaient aux Hollandais de la troquer contre leurs meilleures feuilles de thé lors de leurs échanges commerciaux. L’histoire raconte également qu’elle était la plante préférée de Louis 14, affirmant une nouvelle fois son aspect royal et miraculeux.

A l’époque préhispanique, le peuple Aztèque a cultivé une variété de Sauge locale, le « Chia ». Les graines de Chia constituaient alors la troisième source alimentaire végétale après le maïs et le blé. Sa culture a par la suite peu à peu disparu, pour des raisons politiques et religieuses. Elle réapparaît cependant aujourd’hui et est plébiscitée pour ses vertus en matière de nutrition.  

Selon certaines histoires religieuses, les propriétés bénéfiques de la Sauge sont liées à la vierge Marie. Marie et l’enfant Jésus, poursuivis par Hérode, demandèrent à la Rose puis à la Giroflée de les cacher de leurs assaillants. Elles refusèrent. Marie se tourna alors vers la Sauge qui se développa autant qu’elle le put pour les dissimuler, elle et son enfant, sous ses feuilles douces et odorantes. Depuis cette période, les Roses piquent et les Giroflées ne sentent pas bon…

 

CARACTERISTIQUES DE LA SAUGE

Nom : Salvia officinalis
Famille : Lamiacées
Espèce : sous-arbrisseau

La Sauge est une herbe médicinale que l’on trouve principalement dans l’ouest du bassin méditerranéen. La Sauge pousse facilement dans les lieux arides du Midi. Ce sous-arbrisseau de 50 centimètres de hauteur est aujourd’hui cultivé dans le monde entier. Ses rameaux dressés portent des feuilles opposées, allongées, d’un vert grisâtre, feutrées de poils blancs. Ses petites fleurs violacées, à deux lèvres, sont groupées au sommet de la tige. Feuilles et sommités fleuries dégagent une odeur camphrée très aromatique, qui s’adoucit au séchage.

La plante renferme des tanins, des flavonoïdes, des triterpènes, des diterpènes, un acide-phénol, l’acide rosmarinique et une essence aromatique riche en camphre.

 

UTILISATIONS DE LA SAUGE

La Sauge est très souvent utilisée pour ses propriétés thérapeutiques. Son infusion permet de bénéficier de plusieurs de ses vertus assez facilement. On peut également faire du vin de Sauge en utilisant la plante séchée sur laquelle on verse du vin. Cette boisson aromatisée est, tout comme l’infusion de Sauge, agréable au doux et plutôt vertueuse. Dans un autre registre mais tout aussi médicinal, on peut utiliser la Sauge dans un bain. Cela permet non seulement de bénéficier de ses vertus mais aussi de ses douces saveurs. On fait également de l’eau de toilette avec la Sauge. Faire macérer une grosse poignée de feuilles de Sauge dans de l’eau de Cologne permet d’obtenir, au bout de 4 à 6 semaines, un parfum aux senteurs fraîches, qui adoucit et éclaircit la peau.

Enfin, la Sauge fait également partie des plantes phares de l’art culinaire. Médicinale et aromatique, elle assaisonne idéalement les viandes, légumes ou féculents.

 

BIENFAITS DE LA SAUGE

On donne à la Sauge de nombreuses vertus thérapeutiques, et ce depuis des années : à l’Antiquité, on la considérait même comme miraculeuse ! Chère aux Provençaux, pour qui la soupe à la Sauge accompagnée de pommes de terre et d’ail est une véritable panacée, la Sauge a de nos jours conservé son renom d’antan en médecine populaire. C’est d’ailleurs principalement en Provence, où l’on a coutume de dire que quiconque a de la Sauge dans son jardin n’a pas besoin de médecin.

Toujours utilisée sans désaffection depuis fort longtemps, la Sauge est un excellent tonique, à la fois des voies digestives et du système nerveux. Elle est également recommandée pour stimuler les fonctions de l’estomac et du foie, calmer les douleurs et les nausées. La Sauge est souvent considérée comme la plante des convalescents. En effet, elle aide à se débarrasser des sueurs, de la faiblesse, du manque d’appétit, des digestions pénibles, de la dépression physique et morale.

Ses vertus toniques lui valent également d’être utilisée après un accouchement ou pendant des règles douloureuses. Son action hormonale est connue et souvent plébiscitée en cas de problèmes de ce genre.

La Sauge est également réputée pour son effet cicatrisant. On l’emploie depuis longtemps avec succès contre les aphtes, les ulcérations de la bouche et des gencives.